Élaboration de la stratégie de communication harmonisée entre le Cameroun et le Tchad dans le cadre de l’engagement conjoint des deux pays dans la lutte armée contre Boko Haram

MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION

MINISTRY OF COMMUNICATION

 

ÉLABORATION DE LA STRATÉGIE DE COMMUNICATION HARMONISÉE ENTRE LE CAMEROUN ET LE TCHAD DANS LE CADRE DE L’ENGAGEMENT CONJOINT DES DEUX PAYS DANS LA LUTTE ARMÉE CONTRE BOKO HARAM

  

 

PROPOS INTRODUCTIF DE

S.E.M. ISSA TCHIROMA BAKARY

MINISTRE DE LA COMMUNICATION

 

 

Yaoundé, 04 mars 2015

 

Monsieur le Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement  de la République sœur du Tchad,

Messieurs les Membres de la Délégation de Monsieur le Ministre de la Communication  de la République du Tchad,

Madame, Messieurs les Experts,

Chers Collaboratrices, Chers Collaborateurs,

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Chers Invités,

Au moment où va s’achever la visite de travail que mon frère, le Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement de la République du Tchad et la Délégation de haut niveau qui l’accompagne, effectuent depuis trois jours au Cameroun, nous avons jugé nécessaire – mon Homologue et moi – de nous retrouver avec la presse nationale et internationale, pour dresser en quelque sorte le bilan de ladite visite, et vous présenter les résultats auxquels nous sommes parvenus.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de vous souhaiter une chaleureuse bienvenue dans cette salle de conférences de mon Département ministériel, à l’occasion de la conférence de presse que nous donnons de façon conjointe avec mon frère, le Ministre HASSAN SILLA BAKARY.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Chers Invités,

Mesdames, Messieurs,

La mise en synergie des forces armées camerounaises et tchadiennes dans le cadre de la lutte contre la secte terroriste Boko Haram, traduit la ferme volonté de nos deux Chefs d’État, Leurs Excellences Paul BIYA de la République du Cameroun et Idriss DEBY ITNO de la République du Tchad, d’une part, de préserver la sécurité de nos territoires respectifs et les populations qui y vivent, et d’autre part, de promouvoir les valeurs fondamentales de démocratie et de paix qui ont toujours caractérisé nos deux peuples.

Je le disais encore hier, à l’ouverture de nos travaux, que cette initiative commune des peuples camerounais et tchadien, incarnée par leurs Chefs d’Etat, constituait un bel exemple de solidarité africaine et démontrait la capacité de nos nations à prendre en charge de façon endogène les problèmes sécuritaires auxquels ils pourraient être confrontés.

S’agissant en tout cas de la lutte contre Boko Haram, cette solidarité africaine s’est brillamment manifestée tant au niveau régional que sous-régional.

Au niveau sous-régional, la réunion des Ministres de la Défense et des Affaires Étrangères de la Commission du Bassin du Lac Tchad et du Bénin du 20 janvier 2015 à Niamey, aura constitué un moment fort dans le déclenchement de cette mobilisation multilatérale en Afrique, trois jours seulement après que les forces tchadiennes aient rejoint leurs homologues camerounais sur le front de guerre dans la région de l’Extrême-nord.

Lors du Sommet extraordinaire des Chefs d’État et de Gouvernement du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale – le COPAX – du 16 février 2015 à Yaoundé, le Président Idriss DEBY ITNO, Président en exercice de la CEEAC, a réitéré l’intérêt des pays africains à prendre l’initiative sur les problèmes de sécurité les concernant.

Au cours de la visite que le  Président de la République du Bénin, Son Excellence Monsieur Thomas YAYI BONI a effectuée  le 27 février 2015 à N’Djamena, le Président  Idriss DEBY ITNO, est revenu sur cette préoccupation, et je le cite :

« Nous pensons que l’Afrique peut montrer à la face du monde qu’elle est capable, par elle-même, de résoudre ses propres problèmes par une solidarité agissante. Cette épreuve doit nous amener à la création de ce que nous avons appelé, en son temps, une force africaine en attente. Notre continent n’a pas besoin de désordre ni de faire un décompte macabre, mais il a besoin de mener une lutte sans merci contre les maladies et surtout d’éduquer ses enfants », fin de citation.

Cette détermination s’est parfaitement démontrée sur le terrain des hostilités où la coalition des forces camerounaises et tchadiennes est en train de repousser le péril Boko Haram dans ses derniers retranchements.

Je suis heureux de vous annoncer à ce sujet la dernière victoire des forces armées tchadiennes en territoire nigérian, qui s’est soldée par la reprise de la ville de DIKWA, place forte de l’État-major funeste de Boko Haram, à 50 kilomètres seulement de la ville de Maïduguri.

On peut donc penser, sans risque de se tromper, que sur le terrain militaire, les forces coalisées tchado-camerounaises tiennent haut la main la situation, et que chaque jour qui passe marque le début de la fin de la terreur causée par la secte criminelle Boko Haram au sein des populations de nos pays.

Mais, le combat contre cette nébuleuse n’est pas qu’un combat militaire. Il s’agit aussi d’une bataille de l’opinion qui, comme le disait le Chef de l’État camerounais le 16 février 2015, lors du Sommet extraordinaire des Chefs d’État et de Gouvernement du Conseil de paix et de sécurité de l’Afrique Centrale – le COPAX – doit viser, je le cite :

« À rassurer nos populations et mieux nous consacrer au seul combat qui vaille : la lutte contre la pauvreté et pour la dignité de l’homme africain », fin de citation.

La mise en place d’un cadre de communication harmonisé entre nos deux pays pour accompagner les victoires de nos forces de défense  est donc un impératif pour la pleine réussite de notre mission conjointe et de l’extinction du phénomène Boko Haram jusque dans les consciences et l’imaginaire de nos populations.

C’est aussi au travers de cette conjugaison d’efforts sur le terrain de la communication que nous parviendrons à barrer définitivement la voie à cette horde de bandits, qui s’est donnée pour mission de semer le chaos et la désolation au sein de nos populations.

Je voudrais à cet effet saluer une fois encore, et à sa juste mesure, la décision historique de nos deux pays amis de mutualiser nos ressources, qui traduit dans notre vécu quotidien la légendaire solidarité africaine et qui conforte davantage les excellentes relations de bon voisinage, d’amitié et de coopération entre les deux pays et peuples frères du Cameroun et du Tchad.

Dans le même temps, cette décision renforce la conviction selon laquelle notre continent est capable de se prendre en charge, et d’apporter les solutions idoines aux difficultés auxquelles il est appelé à faire face.

Permettez-moi d’exprimer ma reconnaissance aux vaillantes populations de nos deux pays pour la bravoure dont elles font preuve, et qui, bien que  victimes de la folie meurtrière, des attaques aveugles, barbares et criminelles d’une bande de marginaux déshumanisés, n’ont de cesse d’apporter leur soutien indéfectible à nos forces de défense et de sécurité.

Pour remporter la bataille sur le champ communicationnel, un document de stratégie pour une communication harmonisée entre le Tchad et le Cameroun relativement à l’engagement de leurs  forces de défense et de sécurité respectives en conflit, a été élaboré et adopté par les deux délégations.

Dans une atmosphère empreinte de cordialité et dans un esprit de solidarité, les deux délégations ont convenu des actions majeures suivantes :

  • la mise en place des cellules nationales de communication stratégique et leur animation en interaction permanente ;
  • la mise en place d’une veille médiatique intégrée entre les deux pays, avec des stratégies de riposte coordonnées;
  • l’institution d’une collaboration visant à mettre en cohérence l’action des porte-paroles des États-Majors des deux forces alliées ;
  • l’institution de points d’actualité hebdomadaires, et chaque fois en tant que de besoin, en fonction de l’évolution de l’actualité sur le terrain des hostilités ;
  • l’organisation à échelle de chaque pays, de briefings réguliers avec les médias nationaux ;
  • l’organisation, sans préjudice des actions menées par chaque pays, des descentes de presse conjointes sur des positions tenues par les forces de défense coalisées, et lorsque l’actualité l’impose, sur les sites ayant été le théâtre d’affrontements victorieux ;
  • la mise en place et l’animation permanente au niveau des cellules nationales de communication stratégique, des outils cybernétiques permettant une présence simultanée des contenus liés à l’actualité sur le front de guerre, ainsi que ceux relatifs aux activités politico-diplomatiques impliquant les deux pays ;
  • la production des programmes spéciaux et les pages spéciales dans les grands médias nationaux des deux pays, autour des faits d’armes de la coalition tchado-camerounaise sur le front de guerre ;
  • la réalisation d’actions de communication conjointes en direction de l’extérieur, et par l’entremise des grands médias internationaux ;
  • l’institution de rencontres périodiques de suivi et d’évaluation des interactions entre les cellules nationales de communication stratégique ;
  • l’octroi de facilités réciproques pour les reportages sur le terrain des hostilités.

Les Parties se sont en outre engagées à échanger toutes les informations et les images en leur possession concernant la lutte contre Boko Haram, de nature à informer utilement leurs populations respectives.

Elles se sont par ailleurs accordées sur la nécessité de mobiliser des moyens humains, matériels et financiers conséquents, afin de relever le défi majeur de la communication en temps de crise,  et de mettre en œuvre de manière efficiente la feuille de route conjointe ainsi adoptée.

À l’issue des travaux, les deux Parties se sont félicitées de l’atmosphère fraternelle qui a prévalu tout au long des échanges.

Elles ont convenu d’arrêter d’un commun accord, par voie diplomatique, la date de la prochaine concertation, en vue d’évaluer l’état de la mise en œuvre des décisions issues de leurs assises.

Voilà donc, Mesdames, Messieurs les Journalistes, dressé de manière synoptique, le bilan des travaux qui se sont déroulés ici à Yaoundé pendant trois jours avec la délégation sœur tchadienne, en vue de l’harmonisation de la communication sur la lutte alliée contre le groupe terroriste Boko Haram.

Je voudrais, avant de terminer, rappeler une fois de plus, le rôle primordial que les médias nationaux ont à jouer dans cette nouvelle partition, et qui consiste, coûte que vaille, à apporter leur soutien inconditionnel à leurs peuples, à leurs nations et à leurs forces de défense engagées sur le front.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Facebook
Twitter
Follow by Email
RSS