Du 20 au 21 juillet 2026, l’auditorium du Ministère de la Communication (MINCOM) a abrité un séminaire de renforcement des capacités dédié à la gestion et à la maturation de la Banque des Projets et Programmes d’Investissement Public.

La maturation des projets d’investissements publics n’est plus une simple formalité. Le Secrétaire Général du MINCOM, M. Félix ZOGO, cette session de deux jours animée par les experts du MINEPAT — avec la participation du MINAS et du MINEPDED — visait à rationaliser la dépense publique et à optimiser l’impact des investissements d’État. En ouverture des travaux, M. Félix ZOGO a rappelé que la maturation des projets constitue désormais un levier stratégique pour pallier les dérives du passé, où l’insuffisance de préparation générait retards, surcoûts et abandons de chantiers. Tirant les enseignements du décret de 2018 et ancré dans le décret n°2025/01081/PM du 17 juin 2025, ce nouveau cadre adapte la commande publique au Code des marchés, à la décentralisation, aux Partenariats Public-Privé (PPP) et aux engagements climatiques internationaux comme la Facilité pour la Résilience et la Durabilité du FMI.
Les experts du MINEPAT ont détaillé les six innovations majeures du dispositif, à commencer par l’élargissement de l’obligation de maturation aux programmes, aux PPP, aux projets en conception-réalisation, ainsi qu’à ceux du secteur privé et des entreprises publiques. Le texte introduit une adaptation selon la taille des investissements, différenciant les projets de faible ou moyenne envergure des grands projets, tout en instaurant une maturation obligatoire en deux phases qui débute par une présélection fondée sur une note conceptuelle en 11 points avant la préparation approfondie. La gouvernance et la traçabilité se trouvent renforcées par l’attribution d’un Identifiant Unique via l’application PROBMIS, la désignation d’un Chef de projet et la responsabilisation accrue des signataires et bureaux d’études. De plus, la prise en compte du genre, de l’inclusion sociale, du contenu local et des enjeux environnementaux devient impérative, tandis que l’articulation avec le budget impose un Visa de maturité valable 5 ans comme condition préalable à toute inscription budgétaire et au lancement des marchés.
Porte d’entrée incontournable, la Banque des Projets d’Investissement Public (BPIP) garantit désormais le filtrage du portefeuille de l’État pour éviter les doublons et les projets virtuels. L’atelier a également insisté sur la Budgétisation Sensible au Climat et à l’Environnement, où les représentants du MINEPDED et du MINAS ont souligné que la conformité socio-environnementale préserve les engagements du Cameroun face à un coût de l’inaction jugé très élevé. Pour concrétiser ces réformes au sein du MINCOM, une approche inclusive impliquant les différents départements ministériels a été recommandée. Enfin, la rencontre s’est achevée sur l’adoption de cinq actions prioritaires : la mise en conformité de la Commission Interne de Maturation du MINCOM, le renforcement continu des capacités du personnel, l’élaboration d’échéanciers réalistes, l’allocation de budgets dédiés aux études préalables et le recensement immédiat des projets en cours pour leur intégration dans le nouveau système.
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